" Qu'avait de particulier la maison? Rien au départ. La façade était d'une banalité indescriptible, l'intérieur dans sa médiocrité en aurait découragé plus d'un. Mais lorsque Mr Hufnagel la visite en 2007, sur la presqu' île de Cassis, immédiatement séduit par un je-ne-sais-quoi de singulier, d' immense et de sensuel, il a une impression de paysage isolé du monde malgré les constructions voisines cachées sous les arbres. Devant lui, la Méditerranée s'étale à 180° au pied du Cap Canailles. Au coucher du soleil, la pierre ocre s'enflamme et l'horizon se transforme en toile orangée. La décision est prise, il installera là sa seconde maison d'hôtes. Il l'appellera LA SUITE, clin d'oeil à celle qu'il avait ouverte trois ans auparavant quelques centaines de mètres plus haut dans les vignes et dont il se séparait. La bâtisse provençale restaurée par ses soins, le crépi coloré et la terre cuite au sol ne suffisaient pas à satisfaire son désir de plaisir marin.. Comme tous les gens du Nord attiréspar le soleil, il voulait une maison de mer, blanche et épurée, en même temps repaire cosy jouissant d'une vue aquarium pour s'y reposer. Après quelques mois de travaux intencifs à mener, l'équipe des artisans et son oeil de décorateur ont eu raison de la bâtisse-àl'origine une simple cabane-que les générations précédentes avaient défigurée. Entièrement redessinée, la villa révèle un joli exercice de style sur la géométrie, sur la rigueur aussi. Les volumes sont purs, justes, percés au rez-de-chaussée par de larges baies vitrées. Le salon s'étend sur la terrasse couverte, dilatant l'espace au point de paraitre le double et d'effacer la frontière entre dedans et dehors. Ce mode d'extension propice aux vacances évoque les architectures de Palm Springs dans les années 1950. Ne pas tomber dans la formule a toujours été la règle infaillible d'Herbert Hufnagel. De Saint Laurent à Ferragamo, de Mugler à Escada, les plus grandes marques lui ont demandé d'imaginer des vitrines et des scénographies à la mesure de leur image. Pour elles il a courru le monde. Aujourd'hui, c'est ici qu'il décide de poser ses valises et de récompenser son univers. Trop d'intérieurs se ressemblent, autant suivre son instinct. Le sien associe librement les coups de coeur, les matériaux bruts, les souvenirs de voyages en Afrique et ailleurs, les meubles de Mark Brazier-jones, Jean-Michel Wilmotte et Marco de Gueltz, estampillés "années 1980", et les objets de brocante qu'il a chinés aux puces de Marseille ou dans les souks de Marrakech. On reconnait les photographies de Peter Lindberg, les chaises de Charles Eames dans la salle à manger et le fauteuil de Bertoia dans une chambre, un trône afro-baroque imaginé par Michel Haillard, trois oeuvres en papier d'agave dénichées sur un marché de Mexico il y a douze ans. Dans les chambres, une pointe de couleur, un jeu de miroir ou une toile de l'artiste marseillaise Voune en guise de tête de lit, du mobilier en bois brut apportent une densité de matière aux murs blancs. Croisement de styles et mixité créent une ordonnance personnelle sans jamais saturer l'espace. Les journées se passent beaucoup sur la terrasse, entourée de plantes grasses, autour du bassin de nage, à moins de choisir la plage quelques mètres plus bas. De quoi toucher le paradis."